La nouvelle est annoncée dans les pages économie du Figaro de ce jour. Nespresso s’intéresse au vending traditionnel. pour l’instant elle annonce tester en ce moment des partenariats avec des acteurs tels des startup (Quartier Frais notamment) afin de compléter son offre de machines professionnelles et de café premium pour le marché des entreprises. Et le Figaro de citer un porte-parole qui déclare que Nespresso « s’attaque aujourd’hui frontalement à la machine automatique par un modèle de service, qui allie gestion de la machine Nespresso, un café premium et des partenariats avec des start-up proposant des offres de nourriture innovantes et saine ». le décor est désormais planté sachant que le segment professionnel malgré ou plutôt du fait de ses succès a décidé dès 2015 passer à un développement plus rapide et un doublement de son activité d’ici 2020 développement sur lequel elle estime être en avance à mi chemin.

Que nous dit cette logique ? Tout d’abord cela démontre la volonté de Nespresso de continuer son développement sur un modèle premium au travers des déclarations lues dans le Figaro et donc à rechercher des ventes à valeur ajoutée comme son premium coffee.

Pour autan cette logique dévoile deux autres enseignements.

Le premier reste que la diversification annoncée va avoir du mal à créer des synergies réelles dans la mesure où l’activité de vending traditionnel repose majoritairement sur le café et les boissons chaudes. Les snacks, confiseries et boissons fraîches sont des produits complémentaire mais une simple activité vending n’est pas rentable en massifiant les clients uniquement sur ces catégories de produits. Idem pour les snacks sains car depuis des années les acteurs qui s’y sont lancés ont à un moment ou un autre pris le chemin des boissons chaudes et du traditional vending. Les ratios d’activité ont la dent dure mais restent les juges de paix.

Le second passe aussi par l’enseignement tiré depuis des années par les opérateurs OCS (segment de Nespresso) : l’OCS à lui seul ne peut adresser l’ensemble des acteurs du marché et les concepts premium même démultipliés ne peuvent pas aujourd’hui répondre à l’ensemble des besoins. Comme ses concurrents Nespresso est inévitablement confronté à une lente érosion de la moyenne mensuelle des consommations attachées à chaque machine professionnelle. Plus encore la gratuité des consommations (consommation offerte par l’entreprise) n’étant plus systématiquement de mise, il faut bien souvent passer par une solution de paiement ce qui affecte encore une fois le ratio consommation/machine. Si bien que la vente de la machine professionnelle via des promotions ou gratuités est de plus en plus promue par les vendeurs terrain de la marque mais difficile à mettre en oeuvre sachant que dès lors la vente de capsules n’est plus captive.

Nespresso Professionnel comme les acteurs historiques de l’OCS n’aura pas d’autre solution pour développer réellement son marché que de se tourner à moyen terme vers des solutions de type freestanding quitte à travailler des solutions innovantes. C’est aussi ce que les acteurs traditionnels de l’OCS recherchent actuellement. Les Coffee Corners, les Barista Touch sont encore une fois au centre des développements de demain et ils se pensent déjà maintenant.

JYF.