« Les métiers du café évoluent et gagnent en reconnaissance »

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Eglantine Lhoir déléguée Générale du Comité Français du Café (CFC) peut se réjouir de la rentrée de septembre 2018. Non seulement le CFC organisera sa 33ème Rencontre de la Torréfaction Française les 16 & 17 septembre prochains, mais de plus les rencontres vont accueillir la première édition du concours MOF « Un des Meilleurs Ouvriers de France Torréfacteur, Torréfactrice. Un évènement qui traduit la reconnaissance croissante du métier de torréfacteur. 

 F&CM : 2018 semble une année prometteuse pour les professionnels que vous représentez ?

Eglantine Lhoir : Nous récoltons les fruits d’un long travail d’information et d’éducation autour de la filière café. Le Comité Français du Café a en effet cette année, été reconnu comme une entité représentative par le Ministère du Travail qui pourra être signataire d’accords de branche et représenter les employeurs. Pour un syndicat comme le CFC c’est une belle reconnaissance. Par ailleurs la seconde nouvelle tient au fait que désormais le métier de torréfacteur va rentrer au panthéon des artisans avec la tenue du premier concours de MOF (Meilleurs Ouvrier de France) sur la torréfaction. Nous avons depuis des années, travaillé pour la reconnaissance d’un savoir-faire et nous arrivons aujourd’hui à une reconnaissance plus qu’officielle du métier.

Je ne peux que me féliciter du travail entamé depuis des années déjà pour mettre en avant le métier de torréfacteur. Avec l’entrée de notre métier au sein des MOF nous garantissons aussi le savoir-faire artisanal des maîtres torréfacteurs/torréfactrices.

F&CM : Ce concours va se dérouler pendant les Rencontres de la Torréfaction Française… la profession continue de se développer ?

E.L. : Nous constatons depuis plusieurs années déjà, un attrait croissant pour les métiers de la torréfaction artisanale. Les bruleries de quartier, les artisans progressent et répondent à une demande croissante de bon café et de café de qualité. Nous organisons annuellement les journées du café qui drainent de plus en plus de monde à la découverte des savoir- faire des artisans de quartier. Pour notre part nous militons au développement d’une filière à part entière et de fait je dois reconnaître que nos rencontres nationales drainent un nombre de visiteurs croissant mais également d’exposants et de partenaires. Cette année encore à Bordeaux plus d’une centaine d’exposants seront présents et regrouperont les importateurs de café vert, fournisseurs de machines traditionnelles et semi automatiques, de moulin à café, des fournisseurs d’accessoires, de produits d’accompagnement, vaisselle, sucre, chocolat… de quoi satisfaire les visiteurs.

F&CM : Vous aurez aussi cette année de nouvelles animations ?

E.L. : Nous organisons cette année le 6ème concours de Meilleur Mélange pour Espresso de France qui permet de récompenser un savoir-faire complet allant de la sélection à l’association des grains mais aussi leur transformation et la connaissance des terroirs.  Cette année cet évènement sera complété du premier plateau de démonstration d’ateliers Barista et de cup testing permettrons de mettre en valeur le café de spécialité qui lui aussi connaît un fort développement et qui est complémentaire au métier de Torréfacteur.

F&CM : le marché du café monte en gamme ?

E.L. : Il est de plus en plus mis en avant et cette tendance est le résultat de convergences d’actions. Le marché du café est devenu mondial et de grands acteurs y mènent des stratégies de croissance et de construction de marques et de marché. Par ailleurs la consommation de café sous toutes ses formes concerne le domicile avec les cafés filtrés, les cafés espresso en grain ou en capsules mais également les marchés du hors domicile comme le CHR, l’Horeca, le Vending et les salons de café ou coffee-shop. Le CFC a su depuis les années 1960 instituer le rituel de la pause café et organise depuis des années les Journées du Café dont la dernière édition s’est tenue au mois de mars dernier. Nous entendons valoriser et mettre en lumière le savoir-faire et le métier de torréfacteur (nous comptons aujourd’hui plus de 300 membres) auprès du Grand Public. C’est aussi un moyen efficace de valoriser l’approche artisanale de nos membres et de piquer la curiosité des Français qui année après année poussent les portes des torréfactions régionales, locales ou de quartier. Enfin le développement du café de spécialité, des grands crus et des métiers de Barista soutenu désormais par des compétitions internationales permet de mettre en lumière le fait que le café est une matière vivante et qu’il existe une filière de plus en plus dynamique qui cultive l’image du bon café. C’est extrêmement valorisant et porteur pour le CFC aujourd’hui. Par ailleurs les 33èmes Rencontres de la Torréfaction seront pour nous l’occasion de mettre en avant notre nouvelle communication et d’avancer encore dans ce sens. Nous avons récemment renouvelé notre conseil d’administration qui entend et c’est la démarche qui a été mise en place depuis plusieurs mois dynamiser et mettre en valeur l’ensemble de la filière café en France.