Deux initiatives viennent de manière concomitante d’ouvrir le principe d’une restauration automatique de sushis. Est-ce à dire que le marché français saura accueillir de manière favorable cette nouvelle offre à emporter automatique ?

Des Kumo rolls pour les clients parisiens

Alors que bon nombre d’observateurs professionnels pointent l’extraordinaire Boom du burger en France et le fait qu’aujourd’hui ce dernier a dépassé le marché traditionnel du sandwich, ils ont tendance à oublier un autre produit qui en moins de 20 ans a connu lui aussi une réelle explosion : Le sushi. Souvent présenté comme un produit élitiste et principalement parisien, ce dernier semble devenir peu à peu un produit de masse. Plus encore après la restauration rapide, la GMS le voilà qui apparait en distribution automatique. Les Français semblent raffoler de sushis. Selon une étude TNS Sofres de 2016 le sushi est devenu leur second plat à base de poisson préféré. Alors qu’il y a vingt ans, manger du sui relevait du parcours du combattant en France il fait désormais partie du paysage de la restauration française et principalement de la restauration rapide. Des enseignes comme Sushi Shop ou Planet Sushi ont su développer leurs propres réseaux en franchise et ont connu un succès et une croissance rapide tirant derrière eux le marché qui a explosé au point qu’à partir de 2013 il a connu un coup d’arrêt l’offre dépassant finalement la demande, voyant certains acteurs disparaître (Eat Sushi, Matsuri) et les autres revoir leur chemin de croissance en réduisant la voilure quitte à miser par la suite sur une internationalisation. Beaucoup expliquent ce coup de frein par une offre de restauration qui a explosé et un ticket moyen relativement élevé sur le créneau de la restauration rapide associé à la crise globale de la restauration des années 2013-2016. Pour autant, le marché de la GMS a su lui donner un relai de croissance en le décloisonnant : l’ouverture croissante de corners tels Daily Sushi dans les enseignes de la grande distribution a permis de rendre le produit encore plus accessible. D’aucuns pointeront le fait que ce type de corner a permis un prix d’accès au sushi moins cher versus la restauration rapide… sachant que les gammes de produits peuvent paraître de facto moins grammées, avec des recettes plus simples voire moins généreuses. Pour autant le sushi pénètre un peu plus le panier de la ménagère. Si bien qu’aujourd’hui le consommateur français se hisse sur la première place de la consommation de sushis en Europe. Une logique qui peut laisser penser que le sushi peut désormais accéder à une consommation de masse voire capter aussi des parts d’estomac sur de nouveaux instants de consommation comme la distribution automatique. Et c’est peut-être ce qui explique désormais que deux acteurs se tournent vers les solutions vending pour tenter de s’y faire une place. L’un des acteurs se situe en Ariège et se dénomme Sushi’n’roll. L’entreprise leader sur sa région entend d’ici fin 2018 implanter des distributeurs automatiques dans plusieurs entreprises toulousaines ainsi que d’implanter des points de vente dans la ville rose. Il dispose pour cela d’une unité de production à Auzat qui commence à monter en puissance sachant qu’elle compte déjà plus de trente points de vente. Et la logique de développement outre la mise à disposition de plateaux de sushis disponible 24/24H passe aussi par une clé de prix attractive à savoir des plateaux à moins de 6 € soit une vraie démocratisation du sushi ce qui représente un rapport qualité prix de 30 à 40% moins cher que les offres existantes. Cette logique de démocratisation entend donc séduire une clientèle plus large mais reste centrée sur une logique de plateaux sushis. Une logique que ne suit pas quant à elle Kumoroll. Basée à Paris cette société elle aussi aborde la tendance sushi en vending mais avec un produit adapté : le roll japonais. L’automate développé dont une installation est déjà active aux 4 temps, est bien pensé avec une distribution de différentes recettes de Kumorolls ultra frais. Outre une gamme de produits faciles préhension et de de consommation un large écran tactile fait office de menu de commande et facilite l’expérience client avec au final un prix de vente attractif autour de 6 €… Sa présence sur le marché parisien qui est aujourd’hui le marché historique de prédilection n’est pas anodin car il renferme le plus grand nombre d’adeptes déjà convertis à la mode japonaise. Reste à savoir si ces initiatives vont rencontrer leur clientèle et ne pas donner des idées aux poids lourds du marché en quête de nouveaux relais de croissance.  

La DA de sushi en France

Plus de 2000 point de vente, un ticket moyen dépassant 10 € en restauration rapide, des produits ultra frais, une clientèle urbaine et active de trentenaires, 60% des sushis vendus à Paris