Alors que le projet de loi sur l’Economie Circulaire porté par la Secrétaire d’Etat Brune Poirson arrive aujourd’hui au Sénat, le texte a d’ores et déjà été fortement amendé par le Commission Durable de la Haute Assemblée. Et c’est notamment la consigne qui cristallise les humeurs. En effet les Sénateurs semblent considérer que le projet de consigne n’est pas une réelle solution car il ne fait que donner un coup de vert sur la production des bouteilles au lieu de chercher à réduire la production de plastique elle même. La rapporteuse du projet est même assez directe quant à la logique de consigne sur les bouteilles PET. D’une part elle est « contre » leur sortie des poubelles jaunes et « pour » une extension de la collecte sur les marché Hors Domicile afin de pouvoir atteindre les objectifs de 90%. Une position qui entend, d’une part satisfaire les maires qui aujourd’hui tempêtent contre l’arrêt de la collecte des bouteilles PET des ménages par les collectivités qui leur ferait perdre 200 millions d’€ au bas mot, et d’autre part pointer du doigt des secteurs comme la restauration, la distribution automatique ou la gestion des bouteilles PET n’est pas vraiment prise en compte. Quant aux industriels comme Coca Cola, Orangina, Pepsico… ils sont favorables à l’instauration d’une consigne qui permettrait de collecter efficacement les bouteilles PET. Le syndicat Navsa, pour sa part, défend la position selon laquelle ce n’est pas aux exploitants de DA de supporter la collecte des déchets qui doivent déjà normalement être collectés dans les bureaux via le système de collecte des 5 flux. Plus encore la mise en place d’une consigne signifierait la mise en place d’une « Usine à Gaz » selon les mots de Pierre Albrieux Président de Nasva avec des risques pour les professionnels, leur trésorerie, l’équilibre financier et économique de leur sociétés . Le débat au Sénat va être un premier round avant le passage du projet de loi, qui sera sûrement fortement amendé, en fin d’année à l’Assemblée Nationale.