La commission de l’Assemblée nationale devant préparer l’introduction du texte de la loi sur l’économie circulaire a tranché et dans le vif. Au terme de la concertation entre les groupes, le rapporteur et le Gouvernement via le MTES (Ministère de l’Ecologie), le texte proposé au vote des députés en première lecture la semaine prochaine ne fait aucune concession au plastique. Le gobelet plastique serait tout simplement interdit à partir du 1er janvier 2020 et le texte, au travers de ses précisions explique clairement que tout gobelet à usage unique et n’ayant pas destiné à être réutilisé est de fait interdit. Quid des gobelets carton peliculés ou bio sourcés ? là encore le texte présenté est clair et stipule « on entend par produit plastique à usage unique tout produit fabriqué entièrement ou partiellement à partir de plastique et qui n’est pas conçu, créé ou mis sur le marché pour accomplir, pendant sa durée de vie, plusieurs trajets ou rotations en étant retourné à un producteur pour être rempli à nouveau ou réutilisé pour un usage identique à celui pour lequel il a été conçu. Les matières plastiques fabriquées avec des polymères naturels modifiés et les matières plastiques fabriquées à partir de matières premières d’origine biologique, fossile ou synthétique n’existant pas naturellement dans l’environnement sont comprises dans la présente définition. « 

Le Gouvernement au travers de Brune Poirson est donc sur une ligne verte très orthodoxe et on peut s’étonner que ce dernier, qui pourtant s’est fait le chantre de la société civile, d’un certain réalisme économique, ait oublié que le passage à des solutions 100% carton nécessite un temps d’adaptation des industriels, un délai acceptable pour permettre une production suffisante au risque de voir les professionnels du vending dans l’incapacité de pouvoir fournir des gobelets conformes dès janvier 2020. C’est d’autant plus étonnant que la situation économique et le taux de chômage actuel ne soient pas rentrés dans le calcul du Gouvernement. Comment éviter des situations catastrophiques pour les professionnels du vending ?…sans parler des industriels du gobelet plastique qui depuis plusieurs mois font des efforts énormes pour convertir rapidement une partie de leur production. Fait nouveau, la restauration rapide est, elle aussi, directement concernée par cette loi car elle va devoir abandonner tout ou partie de sa vaisselle à usage unique et jetable ! ce qui ne va pas être très simple… à un moment ou la consommation nomade explose en France.

Le mot « transition » écologique semble avoir pris le sens « d’interdiction » écologique et la Ministre Poirson devient de plus en plus vert(ueuse).

Reste encore au texte d’être amendé et aux députés de montrer plus de réalisme économique. Un réalisme que le Syndicat Navsa entend soutenir, ce dernier ayant présenté au Ministère de l’Economie le danger réel que suscite la volonté du MTES de s’enfermer dans une pure interdiction plutôt que de laisser un délai raisonnable pour permettre à la fois une bonne transition et une adaptation de la profession sans risque de détruire de l’emploi.

Rappelons toutefois que tant que la loi n’est pas votée et confirmée par décret elle n’est pas valide. Donc le passage de cette dernière à l’Assemblée Nationale la semaine prochaine puis en seconde lecture en janvier peut encore faire évoluer les positions des uns et des autres. Il faudra s’armer de patience pour connaître le résultat final pour le vending.